Plouf !
A mesure que les mois passent, j'affine mon désir d'écrire. Le récit prendra la forme d'un dialogue et se veut rythmé. C'est ainsi que je m'intéresse au théâtre. Quelle chance, le Festival d'Avignon est en marche.
J'y vais. Comme ça. Sans réfléchir. Cette décision rapide dévoile une réelle évolution personnelle. Pour bien comprendre, il faut opérer un petit pas en arrière : depuis que mon quotidien a été débarrassé (mais aussi privé) d'un cadre de travail imposé, je me suis souvent confrontée à la difficulté de faire comprendre que, même sans patron, mon "travail" demande un investissement immense et une disponibilité totale. En fait ce ne sont pas les autres que je dois convaincre, mais moi.
Or, au moment où j'ai décidé de me rendre en Avignon, je n'ai pas une seconde invoqué un problème d'organisation pour empêcher le voyage. C'était comme si un voile opaque s'était levé d'un seul coup. Aucun préalable du type "attends faut que je vois avec Jérôme s'il peut s'occuper des enfants", non ! Je pars, c'est tout (bon ok 3 jours... mais tout de même).
Je réserve le premier train disponible telle une ado insouciante. Une ado certes, mais une ado de 33 ans. Je m'assure donc d'avoir une place dans le sens de la marche et de réserver un hôtel confortable, central. Pas question de se retrouver à 12 dans une auberge de jeunesse qui sent le chat mouillé.
Après 3 clics et 1 sac rempli de tenues adaptées à la marche à pied tout en restant présentable : direction la capitale européenne de la culture. C'est l'occasion de sauter dans le grand bain... Je ne crois pas si bien dire : à peine descendue du wagon je suis trempée par la pluie torrentielle qui s'abat sur la ville. Parfait. J'accueille le signe comme une bonne augure. La découverte peut commencer.