Intraveineuse de pièces

Publié le par plume

Deux jours pleins passés en Avignon. 5 pièces. 7h30 de concentration. L'expérience la plus intense depuis le début de ma reconversion. J'ai choisi des spectacles très différents tant au plan de la mise en scène que du style. Du one-man show, au café théâtre en passant par le spectacle loufoque. Chaque représentation obligeant à laisser derrière soi les sentiments, si forts soient ils, provoqués par le spectacle précédent pour laisser place à de nouvelles sensations. Un ascenseur émotionnel en somme.

Premier jour : sorti du train je démarre le marathon théâtral avec les Chiche Capon. Me voilà déverrouillée de tous mes freins d'animal social laissant jaillir l'enfant de 3 ans cachée dans ma mémoire. A peine remise de cette séance quasi hypnotique, je découvre le Porteur d'Histoire, succès national depuis la victoire d'Alexis Michalik (l'auteur et metteur en scène) de 3 Molières : meilleure mise en scène du théâtre privé, meilleur révélation féminine, meilleur auteur ... rien que ça ! et juste pour bien mettre la pression le mec a 31 ans et il est joli à regarder. Il est minuit. Je me couche avec la nausée des 2 verres de vins bus d'un trait à jeun (revoilà l'ado insouciante) mais avec une sensation de me trouver au bon endroit au bon moment.

Deuxième jour : après avoir difficilement émergé je recharge les batteries en vidant le buffet de petit déjeuner de l'hôtel. J'ai bien retenu la leçon des verres de Chablis chauds bus sur la place des Corps Saints. Ils n'auront pas raison de moi aujourd'hui : je suis chargée en pancakes, cela devrait écarter tout risque de malaise pour les 24 prochaines heures.

Le programme du jour est chargé lui aussi. Un café théâtre à 15h où je vais voir une amie sur scène. La liste de mes envies à 17h et le one-man show d'Arnaud Ducret à 20h. Les montagnes russes reprennent.

Si la pièce de boulevard ne provoque pas chez moi des sensations très fortes, je suis émue de retrouver cette amie qui me touche beaucoup et me fait rire. Elle fait partie de ces gens qui vous font sourire juste en étant là. Sans doute parce qu'elle ne donne pas l'impression de fabriquer un personnage mais de le faire vivre à travers ce qu'elle est. Je suis particulièrement touchée par l'évidence qu'elle renvoie lorsqu'elle est sur scène : "je fais ce que j'aime. J'ai trouvé ma voie". Je profite de cet article pour lui dire mon affection.

La liste de mes envies. Une claque. Un seul en scène servi par un homme pour jouer LA femme et son mari, des jumelles, une psy, un tombeur ... aucune fausse note. Tout cela présenté dans un écrin de douceur tricoté par Anne Bouvier, metteur en scène de l'adaptation du livre de Grégoire Delacourt. Une petite merveille.

Arnaud Ducret. Bonne surprise. Efficace même dans les blagues les plus casse gueules (du mec bourré au prof de boxe sur le retour). Il ravit son public surtout par sa générosité. En contact permanent avec la salle, on a vraiment l'impression de prendre un verre avec un pote. Et rien que pour ça, je ne regrette pas.

La deuxième et dernière soirée s'achève à 22h. Même pas le courage d'affronter la troisième mi-temps. Direction l'hôtel pour profiter des draps moelleux et de la télé au plafond avant de sauter dans le train du lendemain matin.

Retour à la capitale. Ouverture de laptop. Publication.

J'ai la sensation d'avoir été shootée sans m'abîmer. Ou peut être juste assez pour avoir envie de publier ces lignes. Il est certain en tout état de cause que je reprendrais ma dose l'année prochaine. Et qui sait ? peut être que j'arriverais à en (a)voir plus...?

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